« Il n’y a pas de petite ou de grande corruption » Ma tribune du 4.02.17

Dans une interview que j’avais accordée à la télévision roumaine peu de temps avant de quitter le pays au printemps 2014, j’avais exhorté le peuple roumain à agir comme le peuple italien en son temps, en disant tout simplement stop à la corruption.

Au-delà des affaires qui défrayaient déjà les chroniques à l’époque, je voulais dénoncer aussi la corruption quotidienne, l’enveloppe remise par le patient au médecin au début de la consultation, celle remise par l’étudiant au professeur avant l’examen. Un député dont je tairais le nom avait alors réagi à mes propos en indiquant que je ne comprenais rien à la Roumanie: « Nous avons la corruption dans notre sang » avait-il déclaré.

Il est clair qu’avec ce genre d’arguments, nous pourrions tous être encore nus à casser des cailloux dans des cavernes. Il ne s’agissait pas pour autant pour l’ambassadeur que j’étais à l’époque de jouer les donneurs de leçons. Je ne l’ai jamais fait d’ailleurs durant toute la durée de mon mandat et je ne le referai pas plus aujourd’hui, conscient malheureusement que la corruption est une des nombreuses déviances de la nature humaine.

Toutefois, je suis aujourd’hui aux côtés du peuple roumain qui s’est levé pour dire non aux tentatives du nouveau gouvernement social-démocrate d’amnistier par décret ses amis reconnus coupables de certains abus de pouvoir dont les conséquences financières sont inférieures à 44.000€.

Comme je l’avais dit, il y a trois ans, il ne saurait y avoir de petite ou de grande corruption: l’impunité ne peut être accordée à quiconque et a fortiori encore moins à une  classe politique décriée en Roumanie comme ailleurs.