« Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage… » Ma tribune du 14.12.16

20 mois, plus d’une centaine de déplacements… A l’aube d’une nouvelle année décisive, le temps est venu de dresser un bilan de ces rencontres avec nos compatriotes établis dans les 16 pays de la 7ème circonscription des Français de l’étranger. Ces voyages m’ont tout d’abord permis de mieux appréhender cette circonscription où j’ai vécu plus des 3/4 de ma vie d’adulte (8 ans en Allemagne, 6 ans en Hongrie, 2 ans et demi en Autriche et 2 ans et demi en Roumanie).

Contrairement  à la circonscription de l’Europe du Nord ou celle du Benelux où respectivement Londres concentre 80% de nos compatriotes et Bruxelles 60%, la ville de la 7ème circonscription qui rassemble le plus de Français est Munich qui ne compte que 7000 électeurs. C’est donc une exceptionnelle dispersion qui caractérise cette circonscription et génère  un relatif isolement de nos compatriotes. Par exemple, on estime que seules 25% des familles de Français de la 7ème circonscription ont accès aux établissements scolaires relevant de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger.

La structure fédérale de deux pays qui comptent à eux seuls près de 87% de la population française de la 7ème circonscription, l’Allemagne et l’Autriche,  renforce cette répartition diffuse sur le territoire. Dans ce contexte, les associations qui comme l’Union des Français de l’étranger ou l’Accueil arrivent à fédérer dans d’autres zones du monde nos compatriotes en nombre rassemblent ici moins de membres.

La typologie des Français vivant dans la 7ème circonscription varie naturellement d’un pays à l’autre: installés de longue date dans des pays comme l’Allemagne ou l’Autriche, ils relèvent de mouvements migratoires plus récents dans les anciens pays de l’Est. Mais d’une manière générale, la plupart des 16 pays restent attractifs puisque la circonscription a gagné plus de 12.000 nouveaux électeurs en 4 ans pour dépasser les 100.000 inscrits sur la liste électorale. Jeunes diplômés restant ou revenant s’installer dans les Etats européens après un Erasmus et acceptant des contrats et des salaires locaux, travailleurs indépendants ou artisans venant tenter leur chance dans des pays où le niveau de vie augmente, ils viennent rejoindre leurs compatriotes expatriés de longue date ainsi que les binationaux qui peuvent représenter jusqu’à 60% des Français vivant dans ces pays.

Pour conclure, c’est fort de cette connaissance des spécificités de cette circonscription que j’aborde la campagne électorale qui débouchera sur l’élection législative des 4 et 18 juin prochains. Le candidat qui sortira vainqueur de ce scrutin sera conformément à la constitution un élu de la Nation comme les 576 autres députés. Mais concomitamment, il devra aussi défendre les intérêts de près de 300.000 Français qui ont le plus souvent choisi délibérément de quitter la France pour s’installer dans ces pays situés au coeur de l’Europe. Que ce soit sur les sujets d’éducation, de fiscalité, les problématiques consulaires et de sécurité ou les questions économiques et sociales, les enjeux seront forts durant les prochaines années pour les Français de l’étranger. Des réformes et des choix seront nécessaires qui supposeront à la fois une bonne maîtrise technique et du courage politique.