Analyse du rapport du Gouvernement sur la situation des Français établis hors de France en 2016

Ce que les Français de la 7ème circonscription doivent retenir du dernier rapport du Gouvernement sur la situation des Français établis hors de France

Le rapport du Gouvernement sur la situation des Français établis hors de France vient de paraître. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il est le révélateur d’un paradoxe mais aussi d’un manque cruel d’ambition pour nos ressortissants qui sont de plus en plus nombreux à quitter la France pour l’étranger et plus particulièrement pour d’autres pays européens.

En effet, tout d’abord les données statistiques confirment l’augmentation constante du nombre de nos compatriotes installés dans les pays du continent européen et plus singulièrement dans ceux de la 7ème circonscription. Entre la fin 2014 et la fin 2015, tous les pays de cette circonscription, mis à part la Croatie, voient leur population augmenter. Ainsi la communauté française de la République tchèque a augmenté de 9,5%, celle de la Bulgarie de 8,3%, celle de la Roumanie de 5%, alors que celle de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Hongrie ou de la Slovénie a cru entre 1 et 4%. Avec 114 020 ressortissants, l’Allemagne confirme ainsi sa place de 5ème pays en termes de communauté française inscrite sur le registre derrière la Suisse, les USA, le Royaume-Uni et la Belgique. Les 4 pays européens de ce top 5 concentrent à eux-seuls plus de 30% de l’ensemble des Français établis hors de France.

On s’attendrait donc à ce que les différentes thématiques abordées dans ce rapport tiennent compte de cette surreprésentation du continent européen. Or, il n’en est rien, bien au contraire. Ainsi, le premier sujet relatif à l’enseignement français à l’étranger, évoque au détour d’une phrase « le redéploiement des moyens vers les pays jugés prioritaires pour notre diplomatie ». En clair, dans un contexte de budget contraint (celui de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger a enregistré entre 2014 et 2015 une baisse de 23,8M€ pour s’établir à 509,9M€), l’objectif du Gouvernement est de redéployer une partie des moyens conséquents consacrés aux établissements français dans les pays européens vers les pays émergents, cibles aujourd’hui de notre diplomatie. Les choses sont encore plus clairement exprimées s’agissant d’autres thématiques comme la protection sociale et l’action sociale, la sécurité des Français établis hors de France ou le soutien aux entreprises françaises à l’étranger et à la mobilité. Les pays du continent européen semblent plus ou moins exclus des différents dispositifs décrits dans le rapport avec par exemple la diminution drastique voire la disparition confirmée des moyens consacrés au soutien et à l’assistance à des publics spécifiques (personnes âgées, handicapées, à la recherche d’un emploi ou d’une formation professionnelle) en Europe. Si on ajoute les perspectives de retrait de moyens induites par la mise en place du e-consulat et la généralisation de la dématérialisation des formalités administratives, à commencer par l’inscription en ligne au registre, on arrive au constat que ce rapport fait l’impasse délibérément, en manquant cruellement d’ambition, sur la réalité constatée d’une augmentation supérieure à la moyenne enregistrée au niveau mondial des communautés françaises dans les pays européens et particulièrement des pays de la 7ème circonscription. L’argument mis en avant par le Gouvernement d’une prise en charge des Français de l’étranger dans ces pays par les autorités locales en leur qualité de ressortissants de l’Union européenne ne peut suffire à quiconque est confronté aux difficultés rencontrées par ces nouveaux migrants économiques qui mériteraient plus de considérations de la part des autorités françaises.

Vous pouvez lire le rapport sur ce lien.