Article Les Echos: Expatriation ou émigration? L’angle mort du débat français

La typologie des Français de l’étranger change énormément depuis quelques années.

Cet excellent article signé Joëlle Garriaud –Maylam, sénatrice Les Républicains des Français établis hors de France et Julien Gonzalez reprend les thèses que j’ai maintes fois exposées sur ce blog depuis un an.

Il faut le dire, l’assumer et le marteler: la France est devenue une terre de migrants économiques qui vont chercher au-delà de nos frontières l’activité qu’ils ne peuvent plus trouver en France. Je rencontre à chaque déplacement ces Français, jeunes ou moins jeunes qui soit ont abandonné tout ce qu’ils avaient en France pour tenter leur chance à l’étranger, soit acceptent de travailler sous contrats et surtout pour des salaires locaux, estimant qu’il vaut mieux un emploi mal rémunéré hors de France que pas d’emploi du tout en France. Notre pays perd ainsi des forces vives qui ont de surcroît le courage de s’expatrier et renoncent à une certaine logique d’assistanat.

Est-ce une chance ou un drame pour la France? Je préfèrerais poser la question de savoir si c’est une chance ou un drame pour les intéressés eux-mêmes. Car reprenant les termes propres aux phénomènes migratoires, quelle est la part de subi ou de choisi dans la décision de quitter son pays pour aller travailler ailleurs. Deux choses sont en tout état de cause certaines: tout d’abord, une expatriation, même plus ou moins subie est le plus souvent perçue par les intéressés, même si parfois seulement ex post, comme extrêmement formatrice, à la condition toutefois que celle-ci ait été bien préparée et bien accompagnée. C’est sans doute là que le bât blesse, notre système éducatif, économique et social ayant du mal à se transformer et à accepter l’idée que notre pays étant devenu une terre d’émigration, il convient de préparer nos concitoyens à cet état de fait.